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Je les entends crier / I can hear them scream

Mis à jour : juin 4


Je les entends crier, une fois la nuit tombée…

Mais peut-on réellement les juger ?

Je peux sentir l’alcool couler, le venin se propager

dans leur corps, dans leurs veines, faisant ressortir le démon des ténèbres.

J’entends la souffrance, la colère, la haine, d’une tribu souillée,

d’un peuple que l’on a au début ignoré puis finis par massacrer.

On a volé leur terre et aujourd’hui c’est impossible de revenir en arrière.

Trop de mal a été fait, trop de traumatismes engendrés.

Oui je les entends crier, une fois la nuit tombée…

Mais peut-on réellement les blâmer ?

Au fond ils ne font que reproduire ce qu’on leur a fait subir.

Violence, vol, tout y passe même les choses les plus ignobles.

Des familles entières séparées, des enfants volés dans le but de les changer.

Pour les mettre à notre image ! Mais comment ne pas se rendre compte du carnage ?…

Ces enfants innocents ont grandi trop tôt et sont devenus des petits caïds parfois un peu brutaux.

Aujourd’hui je les entends roder dehors, cherchant la distraction mais au fond, en quête d’un réconfort.

Oui je les entends crier une fois la nuit tombée…

Mais peut-on réellement les condamner ?

Plus de repère, plus de langue, plus de racine, ils ont subi un vrai génocide.

Alcoolisme, sévices, homicides, suicides, tant de mots qui dans leur quotidien prédominent.

Peuple dévasté, traditions retirées, langages oubliés,

Les anciens luttent pour se faire écouter et refusent d’abandonner.

Alors aujourd’hui comment peut-on les aider ?

Comment faire comprendre aux jeunes qu’ils sont la clé ?

Oui je les entends crier une fois la nuit tombée…

Mais peut-on réellement les critiquer ?

Ils ont été déracinés par ces occidentaux coloniaux qui leur ont fait subir des actes immoraux

Faisant d’eux des âmes traumatisées voire parfois complètement déconnectées.

Mais je garde espoir pour qu’ils reprennent leur plein pouvoir,

Et par là j’entends leur connexion aux forces suprêmes,

aux éléments, à la Terre, à l’univers.

Parce que leur pouvoir de chaman est au fond d’eux, caché derrière ce voile douloureux.

Et si on prenait le temps de regarder derrière leurs yeux sombres d’autodéfense et de méfiance,

on y trouverait d’abord un fort besoin de reconnaissance mais surtout beaucoup de bienveillance.

Alors ne nous fions pas aux apparences et ne nous laissons pas prendre par notre méconnaissance et notre intolérance.

Et oui parfois j’ai peur et je guette à ma fenêtre les rodeurs.

Mais ce n’est pas parce que je ne les porte pas dans mon cœur,

Non c’est parce que je reconnais leur malheur et sais à quel point il peut être destructeur...

Je les entends crier une fois la nuit tombée…

Et même si parfois c’est dur, je ne peux m’empêcher de continuer cette aventure.

Je sais bien que je ne suis pas coupable et contrairement à ce que peuvent penser certains, je ne me sens pas non plus redevable.

Non je ressens juste quelque chose de très fort au plus profond de mon être,

un attachement inexplicable auquel j’ai accepté de me soumettre,

et c’est pourquoi je suis venue à Fitzroy, pour apprendre à les connaître.

Alors oui, ils ne partageront peut-être pas certaines de leurs traditions tenues secrètes par peur que je les maltraite,

mais le simple fait de vivre à leurs côtés me permet de découvrir leur grande beauté et générosité.

Apprendre chaque jour de leur culture et un vrai cadeau qu’ils me procurent.

Leurs sourires si lumineux éclairant leurs visages, me fait monter à chaque fois sur mon petit nuage.

Ce que je suis en train de vivre est un vrai honneur, un privilège mais aussi un de mes plus grands rêves :

Etre aux côtés de la civilisation la plus ancienne et apprendre de VOUS, LES ABORIGUENES.



I can hear them scream when the night is coming...

But can we really judge them?

I can feel the alcohol flowing, the venom spreading

in their bodies, in their veins, bringing out the demon from darkness.

I hear the suffering, the anger, the pain, of this tarnished tribe

who has been first ignored but then completely destroyed.

We stole their land and today it’s impossible to go back.

Too much damages have been done, too much traumas have been caused.

I can hear them scream when the night is coming...

but can we really blame them?

Some of them are just reproducing what they were enduring.

Violence, theft, everything, even the most vile things.

Entire families separated, children stolen or put in jail, letting their mum devastated.

in order to change them and make them at our image!

But how can you not realize what you were doing was a carnage? ...

Those innocent children grew up too early and now some became little kingpins kids.

Today I can hear them lurking outside, looking for some distraction but deep down, they are just looking for comfort.

I can hear them scream when the night is coming...

But can we really condemn them?

No more landmark, no more language, no more root, they have suffered a real genocide.

Alcoholism, abuses, homicides, suicides, so many words which are part of their daily life.

Devastated people, removed traditions, forgotten languages,

The elders struggle to be heard and refuse to give up.

So how can we help them today?

How can we make young people understand that they are the key?

Yes I can hear them scream when the night is coming...

But can we really criticize them?

They’ve been uprooted by those colonial people who did such immoral acts

Making them very traumatized people and sometimes completely disconnected souls.

But I still hope they will take back their full power

and by that I mean their connection with the higher entity, the supreme,

with the elements, the Earth, the Universe.

Because their shaman power is deep inside them, hidden behind this veil of pain.

And if we take the time to look behind their dark eyes of self-defense and suspicion,

we would find first a strong need for recognition but also lots of benevolence.

So don't be fooled by appearances and don't let us be controlled by our ignorance and intolerance.

And yes sometimes I am scared and at my window I look out for lappers,

but it’s not because I don’t carry them in my heart or love them,

No, it's because I recognize their suffering and know how destructive it can sometimes be ...

I can hear them scream when the night is coming...

And even if sometimes it can be hard, I can’t help but continue this journey.

I know that I am not guilty and unlike to what some people may think, I also do not feel obliged.

No, I just feel something very strong in the depths of my being,

an inexplicable attachment to which I accepted to surrender and submit to,

which is why I came to Fitzroy to get the chance to know them.

Yes, they may not share some traditions kept secret by fear that I mistreat them,

but the simple fact of living by their side allows me to discover their great beauty and generosity.

Learning every day about their culture is such a gift they offer me.

And each time I see a bright smile in their face, it makes me climb on my little cloud.

What I am experiencing is a real privilege, an honor and also one of my biggest dreams :

Spending time with the oldest civilization and learning from YOU, the aborigines.

© 2020 par Laure Kypriotis. Créé avec Wix.com